samedi 21 mars 2015

Du désert à la terre promise

En Egypte, les Hébreux étaient soumis à un lourd esclavage. Ils devaient travailler toujours plus. Leur dur maître, le pharaon, ne leur laissait aucun répit. A l'issue de la confrontation avec le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob au prix des 10 plaies qui ravagent son pays, le pharaon laisse partir le peuple de l'Eternel.

Tandis que Dieu pourvoit à tous leurs besoins, les nourrissant du pain des anges qui tombe du ciel 6 jours par semaine et les abreuvant de l'eau vive qui sourd d'un rocher, et l'Eternel est ce tsur, ce rocher, les Hébreux se languissent des concombres et autres légumes d'Egypte. Au cours des 40 ans dans le désert, le peuple succombe à plusieurs tentations.

Il y a celle du matérialisme qui les conduit à gémir contre la nourriture que Dieu leur donne. Beaucoup mourront en se gavant de cailles envoyées par l'Eternel pour calmer leur désir de viande.

Il y aura aussi celle bien connue de l'idolâtrie avec l'épisode du veau d'or. Le coeur de l'homme s'obstine à vouloir adorer du visible et cela lui est une sempiternelle occasion de chute spirituelle.

Il y aura la révolte de Qoré contre Moïse à laquelle fait écho à un autre passage de la Torah la rébellion de Myriam. L'Eternel est un Dieu d'ordre qui assigne à chacun des places, des roles, des missions, des fonctions. L'humanité se rebelle en opposant un égalitarisme toujours mâtiné d'arrière-pensées peu avouables.

Il y aura l'épreuve de la luxure dont les filles de Moab seront l'instrument dans le dessein d'amener le peuple à adorer les faux dieux des peuples païens voisins des Hébreux.

Et il y aura aussi le murmure ininterrompu contre l'Eternel suspecté d'avoir tiré le peuple élu des griffes du pharaon pour le faire périr dans le désert. Ils n'ont pas cru ce Dieu lent à la colère et rempli d'amour. Cela a-t-il beaucoup changé dans l'humanité d'aujourd'hui ?

Au bout des 40 années, Moïse, qui incarne la Torah, va rejoindre ses pères. L'Eternel lui montrera la terre promise depuis le mont Nebo. Il verra la terre sainte mais n'y entrera pas. La Loi était indispensable pour arriver jusqu'au bord du Jourdain et c'est ce que les Hébreux ont appris au cours de leurs années de désert. La Loi est indispensable mais elle n'est pas suffisante.

Et quand les Hébreux franchissent le Jourdain, ils ont à leur tête Josué, dont le nom a même racine que Jésus. Et le Dieu des armées les conduit dans un combat.

Au début de l'Exode, l'ETERNEL explique à Moïse qu'Il va chasser devant les Hébreux 6 peuples qui habitent le pays ruisselant de lait et de miel et qu'Il va déposséder. Plus tard, un septième peuple maudit est nommé.

Ces peuples ont des noms sémitiques qui remontent sans doute à une lointaine antiquité mais on peut tenter de les rapprocher de mots hébreux. Cela nous permet d'entrevoir qu'ils symbolisent les luttes spirituelles qu'il faut gagner pour prendre possession du pays promis, là où coulent en abondance le lait, la Parole, et le miel, l'Esprit.

1. Les Cananéens (Kana3i) font penser à kana3a, la soumission, l'humiliation.

2. Les Hittites (Khiti) seraient à rapprocher de khita, la peur, la terreur.

3. Les Amoréens ('Emri) évoquent 'Amra'a, la révolte, la désobéissance.

4. Avec les Périshites (Priwi), on pense à prod, la séparation, le désaccord et à prot, la division.

5. Les Hivites (Khiwi) rappellent khov, la dette.

6. Les Jébuséens (Yevous) sont sans doute une figure du dessèchement, Yevoush.

Le dernier peuple, Amalek (3amalaq), est plus difficile à cerner. 3ama signifie assombrir, affaiblir, tandis que laqa signifie être battu, être frappé. Cela évoque la défaite. On peut aussi penser à 3amal qui est un des mots signifiant labeur, travail.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire