En Egypte, les Hébreux étaient soumis à un lourd esclavage. Ils
devaient travailler toujours plus. Leur dur maître, le pharaon, ne leur
laissait aucun répit. A l'issue de la confrontation avec le Dieu
d'Abraham, d'Isaac et de Jacob au prix des 10 plaies qui ravagent son
pays, le pharaon laisse partir le peuple de l'Eternel.
Tandis que Dieu
pourvoit à tous leurs besoins, les nourrissant du pain des anges qui
tombe du ciel 6 jours par semaine et les abreuvant de l'eau vive qui
sourd d'un rocher, et l'Eternel est ce tsur, ce rocher, les Hébreux se
languissent des concombres et autres légumes d'Egypte. Au cours des 40
ans dans le désert, le peuple succombe à plusieurs tentations.
Il y
a celle du matérialisme qui les conduit à gémir contre la nourriture
que Dieu leur donne. Beaucoup mourront en se gavant de cailles envoyées
par l'Eternel pour calmer leur désir de viande.
Il y aura aussi
celle bien connue de l'idolâtrie avec l'épisode du veau d'or. Le coeur
de l'homme s'obstine à vouloir adorer du visible et cela lui est une
sempiternelle occasion de chute spirituelle.
Il y aura la révolte de
Qoré contre Moïse à laquelle fait écho à un autre passage de la Torah la
rébellion de Myriam. L'Eternel est un Dieu d'ordre qui assigne à chacun
des places, des roles, des missions, des fonctions. L'humanité se
rebelle en opposant un égalitarisme toujours mâtiné d'arrière-pensées
peu avouables.
Il y aura l'épreuve de la luxure dont les filles de
Moab seront l'instrument dans le dessein d'amener le peuple à adorer
les faux dieux des peuples païens voisins des Hébreux.
Et il y
aura aussi le murmure ininterrompu contre l'Eternel suspecté d'avoir
tiré le peuple élu des griffes du pharaon pour le faire périr dans le
désert. Ils n'ont pas cru ce Dieu lent à la colère et rempli d'amour.
Cela a-t-il beaucoup changé dans l'humanité d'aujourd'hui ?
Au bout des 40 années, Moïse, qui incarne la Torah, va rejoindre ses
pères. L'Eternel lui montrera la terre promise depuis le mont Nebo. Il
verra la terre sainte mais n'y entrera pas. La Loi était indispensable
pour arriver jusqu'au bord du Jourdain et c'est ce que les Hébreux ont
appris au cours de leurs années de désert. La Loi est indispensable mais
elle n'est pas suffisante.
Et quand les Hébreux franchissent le
Jourdain, ils ont à leur tête Josué, dont le nom a même racine que
Jésus. Et le Dieu des armées les conduit dans un combat.
Au début de
l'Exode, l'ETERNEL explique à Moïse qu'Il va chasser devant les Hébreux 6
peuples qui habitent le pays ruisselant de lait et de miel et qu'Il va
déposséder. Plus tard, un septième peuple maudit est nommé.
Ces
peuples ont des noms sémitiques qui remontent sans doute à une lointaine
antiquité mais on peut tenter de les rapprocher de mots hébreux. Cela
nous permet d'entrevoir qu'ils symbolisent les luttes spirituelles qu'il
faut gagner pour prendre possession du pays promis, là où coulent en
abondance le lait, la Parole, et le miel, l'Esprit.
1. Les Cananéens (Kana3i) font penser à kana3a, la soumission, l'humiliation.
2. Les Hittites (Khiti) seraient à rapprocher de khita, la peur, la terreur.
3. Les Amoréens ('Emri) évoquent 'Amra'a, la révolte, la désobéissance.
4. Avec les Périshites (Priwi), on pense à prod, la séparation, le désaccord et à prot, la division.
5. Les Hivites (Khiwi) rappellent khov, la dette.
6. Les Jébuséens (Yevous) sont sans doute une figure du dessèchement, Yevoush.
Le
dernier peuple, Amalek (3amalaq), est plus difficile à cerner. 3ama
signifie assombrir, affaiblir, tandis que laqa signifie être battu, être
frappé. Cela évoque la défaite. On peut aussi penser à 3amal qui est un
des mots signifiant labeur, travail.
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